Historique
Baie-Sainte-Catherine fut d’abord appelée l’Anse à la Catherine, en rappel du naufrage du vaisseau La Catherine qui, au soir d’une tempête le 27 novembre 1686, alla s’échouer dans cette anse à l’entrée du Saguenay. Ce village est connu depuis plus d’un siècle par une traverse régulière qui relie les deux rives du Saguenay, de sorte qu’il est le passage obligé pour tous ceux qui veulent aller sur la Côte Nord ou en sortir.
Ce fut un village industriel. William Price en 1843 construisit un moulin à scie sur la première chute de la rivière aux Canards. Ce moulin dura une dizaine d’années. De 1901 à 1909, La compagnie Price exploita un autre moulin à scie, celui-ci actionné à la vapeur, au fond de l’anse à l’endroit du vieux quai.
Mais Baie-Ste-Catherine fut d’abord un village agricole. Les premiers squatters s’établirent dans le secteur de la rivière aux Canards au début des années 1830. La terre était propice à la culture au point qu’au cours du vingtième siècle une fromagerie fut en opération pendant 50 ans. De nos jours, il ne se fait plus de culture.
Le village doit encore sa réputation à cette rencontre historique que Pont-Gravé et Champlain eurent le 27 mai 1603 avec trois nations amérindiennes : les Montagnais, les Algonquins et les Etchemins à la Pointe-aux-Alouettes, avec lesquelles ils conclurent une entente qui ouvrait la vallée du Saint-Laurent aux explorateurs français et qui permit par la suite à Champlain d’installer un établissement qui est à l’origine de la ville de Québec.
La Commission des lieux et monuments historiques du Canada, dans une lettre datée du 16 septembre 2005 et signée par le ministre Stéphane Dion, recommandait de désigner l’alliance franco-amérindienne de 1603 d’événement d’importance historique nationale.
La municipalité de Baie-Ste-Catherine a commémoré solennellement le 27 mai 2003, le 400ième anniversaire de cette entente historique en présence de la ministre de la culture et des communications du Québec, du ministre délégué à la Coopération et chef régional de la République française, du chef régional de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, du secrétaire d’état Amérique latine et Afrique et Francophonie et des maires du comté de Charlevoix. A cette occasion une œuvre commémorative située face à l’hôtel de ville de la municipalité fut dévoilée solennellement.
C’est sur la Pointe-aux-Alouettes aussi que fut construite en 1876 la première chapelle de la mission St-Firmin et que fut inauguré le premier cimetière en 1865. Autour de cette chapelle sont situées trois maisons de style identique : toit mansardé à deux et trois brisis dont l’une fut le premier presbytère. Cet ensemble architectural est le lieu de villégiature des prêtres du diocèse e Chicoutimi depuis 1909.
De nos jours, le village de Baie-ste-Catherine doit sa prospérité aux touristes attirés par les croisières aux baleines sur le fleuve et sur le Saguenay. C’est aussi la porte ouverte sur le Parc Marin Saguenay-Saint- Laurent et une porte d’entrée dans le Parc de conservation du Saguenay.
Robert Simard
Recteur du Séminaire de Chicoutimi